2021 : hiver avec record local de neige, printemps froid, été arrosé avec des inondations

En 2021, pour une fois, ce ne sont pas les températures élevées qui ont été l'élément météorologique déterminant en Suisse, mais les nombreuses précipitations. Un hiver doux et riche en précipitations, avec localement d'importantes chutes de neige, a été suivi d'un printemps froid et d'une fin de saison arrosée. Au Nord des Alpes, l'été a été l'un des plus pluvieux depuis le début des mesures. Les grandes quantités de pluie persistantes ont fait déborder plusieurs rivières et lacs vers la mi-juillet. Contrairement à l'été arrosé, l'automne s'est souvent montré sec et ensoleillé.

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Immagine: M. Bolliger

La température annuelle en comparaison

Avec une moyenne nationale de 5,6 °C, la température annuelle en 2021 s’est située légèrement au-dessus de la norme 1981-2010 qui est de 5,4 °C. Par rapport à la norme 1991-2020 qui est de 5,8 °C et qui sera utilisée à partir de 2022, la température annuelle en 2021 a montré une anomalie légèrement négative. Un réchauffement de 0,5 °C sépare les deux périodes normées. La norme préindustrielle 1871-1900 était de 3,9 °C. Depuis lors, la température annuelle a augmenté de presque 2 °C en Suisse.

Hiver avec une fin très douce

En moyenne nationale, la température hivernale, de décembre 2020 à février 2021, a dépassé la norme 1981-2010 de 0,9 °C. Localement, il s'agit de l'un des dix hivers les plus doux depuis le début des mesures en 1864. C'est surtout le mois de février très doux qui y a contribué.

Le mois de décembre a été en moyenne 0,5 °C plus doux que la norme 1981-2010. En montagne, cependant, les valeurs de décembre ont été jusqu'à 1 °C en dessous de la normale. La température en janvier est restée environ 2 °C en dessous de la norme 1981-2010 dans les régions de montagne au-dessus de 1000 m. Sur les régions de basse altitude du Nord des Alpes, cependant, les valeurs de janvier ont localement été nettement excédentaires.

La moyenne nationale pour février a été de 3,1 °C au-dessus de la norme, ce qui en fait l'un des dix mois de février les plus doux depuis le début des mesures en 1864. De nombreuses journées avec des températures bien au-dessus de la normale ont été compensées par une courte vague de froid. En montagne, il s’agit localement du deuxième à quatrième mois de février le plus doux depuis le début des mesures. Le Sud des Alpes et le Valais ont également mesuré le quatrième mois de février le plus doux depuis le début des mesures.

Un hiver riche en précipitations

Les mois de décembre et janvier, avec de fortes précipitations et de la neige dans certaines régions, ont donné lieu à des précipitations hivernales largement excédentaires. Localement, il s’agit d’un des hivers les plus arrosés depuis le début des mesures. En décembre, les sommes pluviométriques mensuelles ont atteint de nouveaux records dans le Val Müstair et le Val Poschiavo. Dans les Alpes, les précipitations ont pris la forme de fortes chutes de neige, au Sud des Alpes également jusqu’à basse altitude. Le mois de janvier s'est révélé être le plus humide depuis au moins 60 ans sur de nombreux sites de mesures. Le mois de février a souvent connu des précipitations déficitaires. Seul le Sud des Alpes a relevé des précipitations excédentaires. Dans l'air doux, les précipitations se sont souvent produites sous forme de pluie jusqu’à des altitudes élevées.

Poussières du Sahara

En février, de la poussière du Sahara a été transportée vers la Suisse en deux vagues, ce qui a provoqué une opacité massive de l'atmosphère, en particulier lors du premier épisode du 6 février. Lors du deuxième épisode, du 22 au 25 février, l'opacité de l'atmosphère a également été bien visible, mais nettement moins que lors du premier épisode.

Printemps froid avec une fin arrosée

La Suisse a connu le printemps le plus froid depuis plus de 30 ans, avec une moyenne nationale de 1,1 °C en dessous de la norme 1981-2010. Après un mois de mars légèrement plus doux que la normale, le froid est arrivé en avril et en mai. Le mois d'avril a été le plus froid de ces 20 dernières années au niveau national, et même le plus froid depuis plus de 30 ans en Haute-Engadine. La température en mai est restée en moyenne nationale 2,3 °C en dessous de la norme 1981-2010. Au cours des 30 dernières années, seuls les mois de mai 2019 et 2013 se sont montrés aussi frais. Après deux mois de mars et avril pauvres en précipitations, la plupart des régions de Suisse, à l'exception du Sud des Alpes, ont reçu des précipitations abondantes en mai. Localement, les sommes en mai ont atteint jusqu’à 250 % de la norme. Mai a été le début d'une période de trois mois exceptionnellement pluvieuse.

Un été arrosé

Au Nord des Alpes, l'été 2021 a été l'un des plus pluvieux jamais enregistrés, avec des valeurs dépassant localement 160 % de la norme 1981-2010. Berne a enregistré le troisième été le plus pluvieux depuis le début des mesures en 1864, avec 162 % de la norme. Dans les Alpes, Göschenen a enregistré l'été le plus arrosé depuis le début des mesures en 1883, avec 191 % de la norme. Le dernier été aussi pluvieux avait été celui de 1987, marqué par de graves intempéries, avec environ 180 % de la norme

Au Sud des Alpes, les précipitations de l’été ont atteint des valeurs élevées, notamment dans le nord-ouest du Tessin. Airolo a enregistré un peu plus de 170 % de la norme, se plaçant au 8e rang dans la série de mesures disponibles depuis 1884. Dans les autres régions, les précipitations ont été moins importantes, atteignant entre 100 et 140 % de la norme 1981-2010.

Inondations

Au Nord des Alpes, après un mois de mai pluvieux, l'été a apporté le mois de juin et le mois de juillet les plus pluvieux depuis le début des mesures dans certaines régions. Le mois de juillet a également été le plus humide jamais enregistré sur plusieurs sites de mesures ayant des données à long terme. La persistance de grandes quantités de pluie a entraîné des crues et des inondations de plusieurs rivières et lacs au Nord des Alpes vers la mi-juillet.

Des chutes de grêle massives

Au Nord des Alpes, le mois de juin en particulier a été marqué par plusieurs chutes de grêle dévastatrices. La taille des grêlons a atteint 6 à 7 cm ou plus dans certaines régions, ce qui est très rare. La grêle a laissé derrière elle de nombreux dégâts sur les bâtiments (vitres, tuiles et façades), les cultures et jardins, ainsi que sur les véhicules. De plus, les bouches d’égout bloquées par les grêlons et les feuilles mortes ont contribué aux inondations.

Peu de journées tropicales localement

En été 2021, une température moyenne nationale 13,9 °C a été relevée. Cette valeur a dépassé la norme 1981- 2010 de 0,5 °C et s’est située autour de la moyenne des 30 dernières années. Le quatrième mois de juin le plus chaud en Suisse a été le principal contributeur à la chaleur estivale. En revanche, la température en juillet et en août est restée inférieure à la norme 1981-2010.

Le nombre de journées tropicales avec des températures maximales égales ou supérieures à 30 °C est souvent resté inférieur à 10 en Suisse durant l'été 2021. A Genève, 8 journées tropicales ont été comptabilisées entre juin et août, contre une normale de 15. Neuchâtel n'a enregistré qu'une seule journée tropicale, la norme 1981-2010 étant de 7. Au Sud des Alpes, il y a généralement eu entre 10 et 15 journées tropicales, près de 20 à Biasca. La norme 1981-2010 se situe ici entre 8 et 11 journées tropicales.

Les étés très chauds de 2015, 2017, 2018 et 2019 ont fourni entre 20 et plus de 30 journées tropicales dans certaines régions de Suisse. Dans certains endroits, il y a même eu environ 40 journées tropicales. L'été 2003 a été extrême, avec 50 à près de 70 journées tropicales au Sud des Alpes et 40 à 50 journées tropicales dans certaines régions du Nord des Alpes et du Valais.

Beaucoup de soleil

Grâce aux mois de septembre et d'octobre ensoleillés, la Suisse a connu un automne globalement ensoleillé. Localement, il s’agit de l'un des automnes les plus ensoleillés de ces 60 dernières années. Berne a enregistré le 4e automne le plus ensoleillé, Bâle, Neuchâtel, Zurich et Lucerne le 6e le plus ensoleillé depuis 1961.

En septembre, c’est surtout le Nord des Alpes qui a bénéficié d’un ensoleillement bien supérieur à la moyenne. Dans certaines régions, il a été enregistré l'un des mois de septembre les plus ensoleillés de ces 60 dernières années. Genève a enregistré le 6e mois d'octobre le plus ensoleillé depuis le début des mesures en 1897.

En novembre, l’ensoleillement est resté inférieur à la norme 1981-2010 dans de nombreuses régions en raison de la présence fréquente de stratus.

Bilan annuel

Dans de nombreuses régions de Suisse, la température annuelle en 2021 s'est située entre 0,1 et 0,4 °C au-dessus de la norme 1981-2010. Des régions au Tessin ont connu un excédent thermique de 0,4 à 0,5 °C. En Engadine, en revanche, la température a accusé un déficit de 0,1 à 0,3 °C par rapport à la norme. En moyenne nationale, la température annuelle a dépassé la norme 1981-2010 de 0,2 °C.

Les précipitations annuelles en 2021 ont souvent atteint 90 à 115 % de la norme 1981-2010. Au Sud des Alpes ainsi que dans les Alpes, les valeurs se sont localement situées entre 80 et 90 % de la norme.

L’ensoleillement annuel en 2021 s’est souvent situé entre 100 et 110 % de la norme 1981-2010. Sur le Tessin méridional, il a atteint l’équivalent de 115 % de la norme. Sur les crêtes du Jura, l’ensoleillement est localement resté légèrement déficitaire.

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